Les premières pluies d’automne sont là, et le gel n’est pas loin. Dans mes missions d’expertise, je fais chaque année le même constat : la plupart des dégâts de l’hiver (infiltrations, dégâts des eaux, humidité, moisissures) ont une origine bien antérieure. Une gouttière bouchée, une tuile déplacée, une petite fuite ignorée… Autant de défauts qu’une inspection d’une heure, en octobre, aurait permis de repérer.
Voici la check-list que je recommande à mes clients, propriétaires comme locataires, pour aborder la mauvaise saison sereinement.
Pourquoi agir maintenant ?
Un défaut mineur en automne devient un sinistre en hiver. Une gouttière qui déborde humidifie la façade, qui gèle ensuite et se dégrade. Une tuile cassée laisse l’eau atteindre l’isolant. Une canalisation exposée au gel peut éclater. Intervenir avant coûte presque toujours bien moins cher que réparer après, sans compter le temps perdu et les discussions éventuelles avec l’assurance.
1. Gouttières et descentes d’eau
- ☐ Nettoyer les feuilles, mousses et débris, surtout si des arbres se trouvent à proximité.
- ☐ Tester l’écoulement : versez un seau d’eau et observez si elle circule normalement ou si elle stagne.
- ☐ Repérer les signes de débordement : traînées vertes ou noires sur la façade, murs humides sous la gouttière.
- ☐ Contrôler les fixations, les joints et les pentes : une gouttière qui s’affaisse ou dont les joints coulent doit être réparée.
- ☐ Vérifier le pied des descentes : l’eau doit être évacuée (égout, citerne, dispersion) loin des fondations, jamais au pied du mur.
Sécurité : n’utilisez une échelle que si elle est parfaitement stable et calée, et jamais seul. Au-delà d’un étage, confiez ce travail à un professionnel.
2. Toiture
À observer depuis le sol, idéalement avec des jumelles :
- ☐ Tuiles ou ardoises glissées, fissurées ou manquantes
- ☐ Faîtières (les pièces qui recouvrent le sommet du toit) bien en place
- ☐ Solins et raccords autour des cheminées, lucarnes et fenêtres de toit
- ☐ Présence importante de mousse, qui retient l’humidité
- ☐ Noues (les jonctions entre deux pans de toiture) propres et dégagées
À vérifier depuis le grenier, lampe en main :
- ☐ Taches d’humidité sur la charpente, la sous-toiture ou l’isolant
- ☐ Odeur de moisi, isolant tassé ou mouillé
- ☐ Rais de lumière du jour là où il ne devrait pas y en avoir
Ne montez jamais sur le toit vous-même. En cas de doute, faites venir un couvreur et demandez-lui un devis accompagné de photos des défauts constatés.
3. Fuites et plomberie
- ☐ Faire le test du compteur d’eau : fermez tous les robinets et appareils, notez l’index du compteur, puis revenez une ou deux heures plus tard. S’il a bougé, il y a une fuite quelque part.
- ☐ Chercher les traces : taches, cloques de peinture, auréoles au plafond ou sur les murs, humidité sous les éviers et autour des sanitaires.
- ☐ Protéger les robinets extérieurs : coupez l’arrivée d’eau, videz le circuit et protégez-le du gel.
- ☐ Isoler les canalisations situées en zones non chauffées (cave, garage, combles, vide ventilé).
- ☐ Préparer le chauffage : purgez les radiateurs, contrôlez la pression et faites entretenir la chaudière. En Wallonie, un entretien périodique par un technicien agréé est obligatoire, avec une fréquence qui dépend du type de chaudière et du combustible.
- ☐ Repérer la vanne d’arrêt générale : toute la famille doit savoir où elle se trouve et comment la fermer. En cas d’absence prolongée, coupez l’eau ou maintenez un chauffage minimal.
4. Les autres points à ne pas oublier
- Ventilation : grilles dégagées, pièces aérées régulièrement. C’est la meilleure prévention contre la condensation et les moisissures.
- Châssis et joints : contrôlez les joints, les seuils de fenêtres et l’étanchéité autour des menuiseries.
- Cheminée et poêle : faites ramoner avant la première flambée.
- Détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone : testez-les et changez les piles si nécessaire.
- Abords : branches trop proches du toit, évacuation de l’eau des terrasses et balcons.
5. Locataire ou bailleur : qui fait quoi ?
La répartition des réparations et de l’entretien dépend du bail et de la loi. En règle générale, le bailleur prend en charge les réparations importantes et le locataire l’entretien courant. Le point sensible, c’est le délai : un défaut signalé trop tard peut aggraver les dégâts et compliquer la discussion sur les responsabilités.
Mon conseil : photographiez tout problème constaté, signalez-le par écrit (courrier recommandé ou e-mail dont vous gardez la preuve) et conservez les échanges. Un état des lieux d’entrée détaillé reste par ailleurs le meilleur outil pour établir l’état initial du bien. Je vous explique pourquoi dans mon article sur l’état des lieux et l’expérience de terrain de l’expert.
6. Documenter pour se protéger
- Prenez des photos datées de la toiture, des gouttières, de la cave et des pièces sensibles avant l’hiver. Elles constituent un état de référence précieux en cas de sinistre.
- Conservez vos factures d’entretien (chaudière, ramonage, couvreur) : elles prouvent que vous avez entretenu votre bien.
- Relisez votre contrat d’assurance : dégâts des eaux, tempête, gel… Vérifiez les garanties et les éventuelles obligations de prévention, notamment en cas d’absence prolongée.
- En cas de sinistre, prenez le temps d’agir correctement. Déclarer trop vite ou sans preuves peut vous coûter cher. Je détaille les bons réflexes dans mes articles sur les dégâts de tempête et sur les inondations.
Quand faire appel à un expert immobilier ?
Une check-list permet de repérer les problèmes visibles. Mais certaines situations demandent un regard technique :
- des infiltrations ou une humidité récurrentes dont l’origine reste incertaine ;
- un doute sur l’état de la toiture ou de la structure ;
- l’achat d’un bien à l’approche de l’hiver, pour éviter de payer des travaux cachés ;
- un désaccord avec un assureur, une entreprise ou un bailleur après un dégât.
Mon rôle est de réaliser une analyse technique impartiale, documentée par des photos et des constats vérifiables, avec des conseils pragmatiques pour chaque situation. Ma philosophie reste la même : agir avant, pour éviter des ennuis coûteux.
Un doute sur l’état de votre toiture, de vos installations ou du bien que vous comptez acheter ? Contactez moi au +32 (0)476 74 65 85, ou via le formulaire de contact